Je ne suis pas toujours dans un monde coloré, avec des licornes et du tutti frutti.

Cette semaine, j’ai envie de parler d’un sujet qui me tient à cœur : les enfants.

Pas seulement de ce qu’ils regardent sur leurs écrans, de TikTok, des influenceurs, des marques, des cosmétiques ou de cette course permanente à l’image.

J’ai envie de parler de nous. Les adultes. Collectivement, parce qu’avant de nous demander ce que nos enfants deviennent, peut-être pourrions-nous regarder ce que nous leur donnons à voir.

Ils nous regardent, ils nous entendent parler, ils observent la manière dont nous nous traitons les uns les autres, ils voient comment nous parlons de ceux qui ne pensent pas comme nous, si nous respectons nos engagements ou si nos paroles restent des paroles.

Ils voient aussi notre rapport à l’argent, au pouvoir, à la réussite, au corps, au travail, aux autres, nos contradictions.

Nous leur demandons de respecter les autres, mais que montrent parfois nos conversations ?

Nous leur demandons de ne pas passer leur vie sur les écrans, mais combien de temps nous voient-ils nous-mêmes le téléphone à la main ?

Nous leur parlons de solidarité, de tolérance, de respect, d’écologie mais quelles valeurs incarnons-nous réellement dans notre quotidien ?

Je ne dis pas cela pour culpabiliser les parents, je ne crois pas que l’éducation des enfants soit uniquement une affaire de parents.

C’est une affaire collective.

La famille.
L’école.
Les médias.
Les réseaux sociaux.
Les entreprises.
Les institutions.
Et nous tous.

Je crois que cette question prend peut-être une autre profondeur lorsque l’on avance dans la vie.

Pour les femmes de 50 ans et plus, notamment, nous sommes souvent à un moment où nous regardons notre parcours autrement, un passage de vie.

Un temps où nous pouvons nous demander ce que nous voulons encore construire, ce que nous voulons transmettre, ce que nous voulons laisser derrière nous. Notre expérience nous donne une responsabilité particulière : pas celle de tout savoir, ni de faire la leçon aux générations qui arrivent.

Mais celle de montrer par notre manière d’être, c’est peut-être aussi cela, le féminin mature, ne plus chercher seulement à dire ce qui est juste.

mais essayer de l’incarner. dans notre façon de parler, dans nos choix, dans nos relations, notre manière de consommer, notre rapport au pouvoir, à l’argent, au corps, à la différence.

Un enfant ne grandit pas seulement avec ce qu’on lui dit, il grandit avec ce qu’il voit. Notre responsabilité collective est là.

Pas celle de fabriquer des enfants parfaits, ni de les protéger de tout ou de leur éviter toutes les difficultés mais de leur donner à voir des adultes capables de dire :

« Je me suis trompé. »

« Je ne sais pas. »

« Je ne suis pas d’accord avec toi, mais je te respecte. »

« Ce n’est pas parce que je peux le faire que je dois le faire. »

« Mes actes ont des conséquences. »

« Mes choix parlent aussi de mes valeurs. »

Parce qu’au fond, l’éthique ne s’enseigne pas seulement. Elle se regarde. Alors peut-être qu’au lieu de demander uniquement :

« Que va devenir cette génération ? » nous pourrions parfois nous demander :

« Qu’est-ce que cette génération apprend de nous ? »

Pas du monde que nous aimerions lui laisser, du monde que nous lui montrons aujourd’hui.

Et cette question-là, franchement, me semble importante , essentielle

Christine